Du 10 juillet au 23 août 2015, 4 artistes exposent :
Catherine Chabouis
Céramiste
Catherine Chabouis est une artiste, mais aussi une chimiste, une chimiste des argiles, elle est incollable sur la théorie de leurs liaisons colloïdales et les mystères de leur floculation. Puis elle est passée à la pratique, elle touche, modèle, cuit et c'est ainsi qu'elle est devenue céramiste.
Par ses recherches plastiques dans la lignée du Jomon japonais, par son travail personnel, par la répétition voulue des gestes de son fils disparu, Jérôme, lui aussi sculpteur, le travail de Catherine Chabouis étonne.
Qu'il s'agisse de ces formes patiemment polies en volutes lisses ou des surfaces sculptées que sa main a façonnées en creux et en volumes, évoquant les corps des anges baroques des chapelles savoyardes, les pièces présentées sont l'aboutissement d'un travail de dix années.
Dix années à canaliser l'énergie dans un geste parfait. Cinq années d'une vie de rencontres, d'amitiés et d'entraide pour cette taulignanaise revenue dans la lumière de son enfance.
Dix années de progrès, pleines, grâce à l'amitié de Mireille Favergeon, une grande céramiste, à qui Catherine doit beaucoup. Et enfin la satisfaction d'un accomplissement, au bout d'un long chemin qui est aussi la continuation d'un dialogue.


Martine Chevant
Sculpteur
Martine Chevant vit et travaille à Paris. Elle a pratiqué le dessin et la peinture depuis l'adolescence et l'Université, puis parallèlement à une carrière professionnelle dans le graphisme.
A partir de 2002, elle a trouvé dans la sculpture du bois, et en taille directe, la forme d'expression captivante qu'elle recherchait.
«Frapper, geste du prédateur, geste qui se prolonge pour atteindre le but.
Frapper, faire jaillir l'éclat du bois et laisser une empreinte.
Je taille le bois pour laisser mon empreinte, la trace de mon passage.
Je taille le bois, tronc d'arbre abattu, pour le réveiller, le faire parler.
C'est une exploration. Chez moi en Auvergne, les bois sont sauvages, accidentés. J'avance la mousse sous les pieds, les écorces, les lichens à portée de main. Voici qu'apparait un tronc couché, un vieux qui a rendu l'âme. Si je reste immobile, à l'écoute, un craquement, un esprit dérangé, l'idée d'un fantôme survient.
De même en travaillant, il peut surgir l'étrangeté, l'imprévisible. Partant du figuratif, je prends la liberté d'interpréter la forme, de la métamorphoser et de me laisser surprendre.
Devant ce que je perçois de la réalité, un autre monde se profile et je rêve d'évasion.
Nostalgie du monde aquatique : être dans l'eau c'est être dans un espace sans frontière, avoir une grande liberté du mouvement, une sensation d'apesanteur.
J'ai cherché à évoquer des formes fluides, à travailler plutôt l'enveloppe que la structure.
Je propose dans ces sculptures des bêtes primitives, ayant l'intelligence de la forme pour évoluer, se propager et durer.
Sculpter la forme c'est approcher l'animal, en débusquer l'idée et en dépouiller la forme. Chasser. Comme le gibier qui a été poursuivi, traqué, mis à mort, et dépecé – ou, rampant hors de l'eau, échoué et exhumé, la forme nouvelle, l'animal reprend son souffle.»



Lucyna Kordos
Graveur et peintre
Née à Varsovie, l’artiste graveur et peintre vit et travaille à Paris.
Après les études d’arts plastiques à Heatherley School of Fine Art de Londres, elle se dédie à la gravure et se perfectionne dans la maîtrise de la taille-douce à l’Ecole d’Art Graphique « Il Bisonte » de Florence.
Ensuite fréquente les différents ateliers de gravure à Paris.
En poursuivant des études d’Arts Plastiques à L’Université Paris 8 où elle a obtenu une Licence d’arts plastiques. Elle participe régulièrement à différents salons et son travail figure dans des collections privées en France et à l’étranger.
Jamais peut-être plus qu’à notre époque, l’esprit scientifique n’a eu plus besoin d’être défendu.
La représentation et la pensée du monde passe aujourd’hui par l’image scientifique. Donc, la science est l’esthétique de l’intelligence qui pose l’abstraction comme la démarche normale.
Les images de cellules, de neurones, de molécules... , omniprésentes dans les revues scientifiques ou sur nos écrans d’ordinateurs, se révèlent souvent comme les abstractions pittoresques.
Dans ma série de pastels intitulée «Le Monde cellulaire », je pars de ces images pittoresques, mais bien évidemment, il s’agit d’inventer les cellules imaginaires. En effet, inspirée par les chants du compositeur allemand du XIX siècle Franz Schubert, j’ai voulu élaborer une forme abstraite de l’émotion qui conduit l’homme plus que la raison. Donc, sur mes toiles, je trace « les cellules» de la peur, de la solitude et autre. Ce monde invisible de notre force psychique, je le représente comme le chaos inexplicable de l’image à la forme géométrique, puis de la forme géométrique à la forme abstraite. Enfin, tout se rejoint par les traits déformés et les fils tortillés dans les profondeurs abyssales du noir.


Cécile Windeck
Peintre

Née en 1963, Cécile Windeck vit et travaille comme encadreur à Vienne (38). Elle a fait l’Ecole d’Arts plastiques Polaris à Corbas pendant 4 ans.
De plus, Cécile Windeck a effectué des stages avec l’artiste Pierre Delvaux.
Mes peintures se forment par glacis successifs au rythme de mes séquences de travail.
Je laisse la trace des passages de couleurs, comme une mémoire de l'action picturale, pour former un paysage abstrait. La couleur est pour moi très importante avec une prédilection pour le bleu qui fait vibrer le reste de ma palette. Je compose toujours en lien avec mes souvenirs d'impressions de voyage, des vues de nature, de paysage.
Mon thème des « Heures bleues ».
L'heure bleue est un temps incertain où le ciel prend cette teinte bleue si particulière, c'est le moment où tout devient plus contrasté, durant quelques minutes. Ces moments de crépuscule sont comme la compréhension de l'instant présent, fugitif et universel.
Au cours de mes déplacements, mes voyages, je collectionne des paysages, en photos et films. Je les retransmets après par la peinture. Les souvenirs, les impressions de lumière dans l'obscurité, ces heures bleues sont alors retransmis, expérimentés par différents médiums : peintures, collages, vidéos, gravures, tout est intimement lié. J'explore de nombreux supports et médiums.
Les passages de couleurs, les traces de graphisme les glacis forment un « paysage » abstrait. C'est cet espace temps qui crée l'espace visible, ces « mémoires peintes », imprégnées du sens premier et aussi de l'intime.

Les peintures présentées cette année à la Maison de la Tour par Anne Lauzent-Maurel relèvent d’un choix minutieux opéré pour ce lieu d’exception dans la production des quelques dix dernières années du peintre.
Ainsi des “Sphères vives” (débutées vers 2002-2003) aux “Canopes” (2007/2010), puis aux “Nids” (2012/2013), et enfin très récemment aux “Grottes” (toujours en cours), chaque série met en oeuvre dans son évolution progressive vers l’organique l’idée complexe de germination, d’éclosion, d’épanouissement dans le sexuel, enfin de disparition.
Un travail protéiforme Patricia Meffre présente des sculptures en céramique d’aspect monochrome (noires ou blanches ou grises et ses différentes nuances). Ces pièces sont ainsi destinées à jouer subtilement avec la lumière en fonction des traitements de leurs surfaces (aspérités, protubérances, irrégularités diverses, brillances, matités, etc…) qui sont obtenus par différents modes de polissage, de lustrage.
Dans la même perspective, Patricia Meffre aime réaliser des séries d’objets, comme ces formes de tests d’oursins de différentes dimensions disposés sur des graviers noirs, ou bien aussi des “cornes” de terre qui se tiennent immobilisées dans une torsion amorçant la forme de la spirale. D’autres nouvelles formes sont récemment apparues, inspirées d’idées plus abstraites : ainsi, une série des petits gobelets funéraires (2013), ou bien encore des sphères ouvertes, organiques, livrant leur intérieur fascinant (2014), des oscilla suspendus dans un ciel lumineux, et enfin une installation de vulves en terre blanches reposant sur un lit de bris de verre, symbolisant les violences faites aux femmes de par le monde.
Comme chaque année La Maison de la Tour présente cette exposition d'oeuvres de résidents de centres de personnes en situation de handicap.
Philippe Chitarrini étudie depuis 2002 les traces laissées par l'homme dans son milieu, notamment en travaillant sur l'empreinte digitale, et abordant par là même les thématiques de l'identité, de la mémoire et de la perte. De son côté, le Cube décide de s'impliquer dans les événements culturels relatifs à la commémoration du centenaire de la guerre 14-18, en permettant à des artistes de créer et s'exprimer sur ce sujet mémoriel.



